49e cycle, Année de l'ours, 5e lune, 22e jour
Aujourd’hui a eu lieu le Tournoi des Jeunes Chevaliers. Je me suis bien amusée malgré un très mauvais début de journée.
Au moment de partir j’ai voulu me diriger vers les écuries pour me rendre à cheval au tournoi. Mais Polly m’en a empêché. Tout avait été prévu et un attelage à voiture totalement fermé m’attendait. J’ai traversé tout le village sans rien en voir ! A aucun moment je n’ai pu entrouvrir le rideau pour jeter un coup d’œil ! Et bien sûr au retour ce n’était pas mieux.
Lorsque nous sommes arrivées dans la plaine, j’ai pris place sur une petite estrade à la droite de l’estrade royale. J’ai pu apercevoir mon frère aîné, futur roi, le prince Gomar. C’est bizarre car nous ne nous sommes jamais parlé.
Avec moi j’avais Polly bien sûr, mademoiselle Reezi (fille du comte de Rivières croisées et probablement future femme de Fénaro), mademoiselle Marla (fille du comte de la Mer Turquoise) et mademoiselle Pousame (fille du comté de la Lune Rousse). Chacune d’elles ont un frère candidat aujourd’hui et elles viennent des comtés les plus prospères du royaume.
Le tournoi se déroule en trois parties. Tout d’abord il y a une grande mêlée où tous les participants, s’affrontent en même temps, à cheval et à pied. Plusieurs candidats sont déjà trop blessés à ce moment pour ne pas poursuivre.
Puis les jeunes chevaliers sont répartis en quatre groupes. Dans chaque groupe les candidats s’affrontent jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que les quatre meilleurs. A ce moment là il y a plusieurs affrontements en même temps et il est difficile de tout suivre. Fénaro a terminé premier de son groupe.
Puis les meilleurs se sont affrontés les uns après les autres. Une défaite équivaut à une élimination directe. Ici c’est de la vraie chevalerie. Chaque candidat entre sur l’espace de combat au galop et la lance au poing. Puis le combat se termine à l’épée. Pour gagner il faut obliger son adversaire à rester allongé à terre pendant plus de dix secondes.
Le frère de mademoiselle Marla a été éliminé juste au deuxième tour. Il a perdu connaissance après avoir chuter de son cheval. En demi-finale, le cœur de mademoiselle Reezi a été mis à dure épreuve car son frère affrontait Fénaro.
Finalement mon frère a posé un premier pied à terre lors de la finale face au frère de mademoiselle Pousame. Celui-ci était donné favori car à 15 ans, il a gagné à chacune de ses précédentes participations.
Finalement après des minutes qui m’ont semblé interminable, Fénaro est tombé pour ne se relever qu’avec l’aide de son écuyer.
Dès la fin dès épreuves j’ai dû rentrer au château. Je me suis changée en vitesse pour me rendre au dîner en l’honneur du Chevalier de l’année, Grimadin. Après un discours du roi, il a reçu ses pièces de bronze. Et c’est lui qui a donné le signal pour commencer à boire et manger.
Après un bon repas, j’ai dû danser à plusieurs reprises avec plusieurs candidats. Le plus collant a été le fameux gagnant, Grimadin. J’ai encore du mal à me dire qu’il a pu gagné. Il ressemble beaucoup à sa sœur. Ils sont tous les deux bien bâtis, avec de solides épaules et un bon ventre. Ils se déplacent lourdement, sans élégance. Lors des quelques danses que je lui ai accordé, il m’a littéralement aplati les pieds.
Finalement j’ai préféré m’éloigner du centre de la pièce et m’installer dans un coin de la grande salle. J’ai été rejointe par Ulrich. J’ai été très heureuse de le revoir. Il était accompagné du jeune garçon dont il s’occupe et qui lui sers souvent de guide.
Il n’a toujours pas retrouvé la vue et il ne pense pas qu’il la retrouvera un jour. Par contre il a été fier de m’apprendre que maintenant il peut faire la majorité des gestes quotidiens seul. J’ai hésité à lui confier mes découvertes sur un possible dragon. Mais comme il a pris l’initiative de parler des incidents au nord, je me suis lancée.
Il a écouté très attentivement et n’a rien dit pendant un petit instant. Je me suis demandée comment il allait réagir et j’ai cru pendant un instant qu’il allait se moquer de moi. Mais finalement quand il a pris la parole, c’était juste pour dire
« Vous avez probablement raison. J’ai beaucoup réfléchit à ce qui m’est arrivé et je ne vois pas d’explications plus plausible que la votre »
J’étais drôlement soulagée !
Ouh là là ! J’ai beaucoup écrit aujourd’hui. Je vais m’arrêter là et aller me coucher.