En savoir plus

Tout au long de ce journal, je me suis permise de faire de nombreux clins d'oeil. La majorité d'entre eux fait référence à la mythologie. Mais vous trouverez aussi des références littéraires.


Maître Avari : les Avari sont des elfes dans l’univers de Tolkien

La fontaine de Dana dans le jardin des voyageurs : Dana est la déesse slave de l’eau, elle donne de l’eau aux voyageurs fatigués.

La déesse Jiva (chez les guérisseuses) : Jiva est la déesse slave de la vie, du printemps et de la naissance. Elle est la personnalisation de la force vitale. On la représente avec une pomme dans la main droite et une grappe de raisins dans la main gauche.

Le roi Juok, premier roi du Royaume des Trois Vallées : Juok est le dieu-créature des chillouks, groupe ethnique du Soudan.

La ville de Tlaloc : Tlaloc est le dieu aztèque de la montagne, de la pluie, du tonnerre, des sources et de la fertilité. Il appréciait les sacrifices d’enfants. Des divinités secondaires étaient sous ses ordres et vivaient au sommet des montagnes.

L’auberge de celui qui est né deux fois : Le nom du dieu Dionysos (dieu grec du vin et de l’ivresse) signifie celui qui est né deux fois, car Zeus l’a arraché du ventre de sa mère pour le cacher dans sa cuisse.

Qui ?

A la base ce bog est une initiative personnelle. Mais je me suis adjoint l'aide de deux dessinateurs pour rendre l'ensemble plus vivant !

Tiphanya : c'est moi, l'écrivain

Kajika et Millichan : mes deux précieux dessinateurs

Lundi 28 mai 2007

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 14e jour

 

La soirée s’est très bien déroulée.

Un dîner officiel sous tous les rapports et donc ennuyeux à mourir.

Je ne comprends pas pourquoi les évènements organisés par un membre de la famille royale doivent toujours être aussi solennel et triste. Aucune possibilité pour les enfants de s’échapper et de s’amuser. Et les discussions tournaient en rond. Personne n’avait quelque chose d’intéressant à dire.

Heureusement le violoniste Strad n’a pas fait défaut. L’ensemble des morceaux joué a été judicieusement choisi et interprété au bon moment. Musique calme et douce pendant le repas pour laisser place aux discussions et musique distrayante et joyeuse pour accompagner le thé.

Je pense que seul mon Maître Avari et Monsieur Kniha ont passé une excellente soirée. Ils ont discuté en permanence de livres et d’histoire.

Quand au plus malheureux c’était sans hésitation Sil. Le pauvre avait du mal à rester assis calmement sur sa chaise. Son père l’a même rappelé à l’ordre à plusieurs reprises et son frère Ari lui piquait régulièrement les côtes avec sa fourchette pour le punir de son attitude.

 

Aujourd’hui il a fallu tout ranger et reprendre les cours. Cet après-midi j’ai encore travaillé sur une plume sans beaucoup de succès. Elle a frémit à plusieurs reprises mais n’a pas décollé de la table.

Par Tiphanya - Publié dans : Cahier 2 - 2e partie
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Jeudi 24 mai 2007

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 13e jour

Journée de travail intense pour tout le monde aujourd’hui.

Nous avons prévu de retourner l’invitation à déjeuner à M. Ruhig et sa famille. Par contre nous le recevrons pour le dîner. C’est plus simple pour nous, surtout qu’en tant que princesse je dois leur offrir un moment plus majestueux que ce qu’ils m’ont offert.

Polly et Mélane ont donc été recruté pour le ménage et l’installation de la salle de dîner.

Tinan de son côté a travaillé au jardin et dans la cour. Il a traqué les mauvaises herbes, selon ses propres mots.

Pendant ce temps je me suis rendu au village avec le jardinier de la propriété. Il connaît beaucoup de monde et il devait m’aider à trouver des musiciens pour animer la soirée. J’étais contente d’être avec lui car il m’a conduit directement auprès d’un dénommé Strad. Il est violoniste.

Musicien solitaire il est capable de tout faire avec son instrument.

Bien sûr avant de le recruter je lui ai demandé de me jouer quelques morceaux. J’ai été bouleversé par sa musique. Jusqu’ici je n’avais rien entendu de semblable et les larmes me sont montées aux yeux.

Pour éviter de me ridiculiser, je l’ai interrompu rapidement et bien sûr je l’ai recruté. Je ne savais pas si je devais trouvé d’autres musiciens et j’ai donc demandé à Strad son avis. Il préfère jouer seul. Allons-y ainsi, je n’aurais qu’un seul musicien pour éblouir mes invités.

A mon retour j’ai aussi revu la liste des invités. Il va y avoir beaucoup de monde…Nous étions une dizaine chez Ama et sa famille. Je dois donc dépasser ce nombre.

C’est mon Maître qui a trouvé une solution simple et juste. J’ai invité le responsable de la bibliothèque, Monsieur Kniha ainsi que sa femme, son fils et la femme de son fils !

En milieu d’après-midi j’ai eu un peu de temps de libre avant d’avoir à me changer. J’en ai profité pour m’entraîner seule à déplacer ma plume (celle avec laquelle j’écris, plus lourde donc qu’une simple plume d’oiseau). Mais je n’ai obtenu aucun résultat.

Là j’écris alors que je suis revêtue de ma robe de soirée et que les premiers invités ne devraient plus tarder à arriver. D’ailleurs je dois y aller maintenant.

Par Tiphanya - Publié dans : Cahier 2 - 2e partie
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Samedi 30 septembre 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 12e jour

 

Ce matin j’ai eu un cours très intéressant avec mon maître.

Il y a quelques mois lorsque nous avons affronté le dragon, j’avais réussi à déplacer ma dague par la pensée.

En fait je ne sais pas si c’est moi qui l’ai fait ou si mon arme est dotée d’étranges pouvoirs. Après tout cette dague est entourée d’une belle légende associant le monde actuel à celui de la magie.

Bref je m’égare là. Comme mon maître ne connaît pas l’existence de cette dague, je n’ai pas pu lui demander si je pouvais effectivement déplacer des objets par la pensée.

La réponse est enfin arrivée ce matin. Car pendant toute la matinée, j’ai essayé par la simple force de ma pensée de faire flotter une plume.

Je sais ça semble simple à première vue si j’ai été capable de planter une dague dans le cœur d’un dragon. Mais en trois heures de travail j’ai simplement réussi à soulever de quelques millimètres la plume en question. Et encore, je me demande si un courant d’air ne l’a pas fait pour moi.

 

Comme prévu hier, j’ai passé l’après-midi avec Ama. Elle est venue me chercher en compagnie de Sil et d’une servante. Avec Tinan et Polly, nous étions un petit groupe de six personnes.

Ama connaît tous les chemins et nous sommes descendus très rapidement au bord de la mer. Nous avons marché longuement. Au début nous ne savions pas trop quoi dire.

Sil courait partout et n’a pas hésité à sauter dans l’eau. La servante devait en avoir l’habitude car au fond de son panier elle avait prévu des chaussettes de rechange pour lui.

Lorsque les conversations ont enfin commencé, Sil est calmement revenu à côté de nous. A la demande de Polly, Ama a accepté de nous parler un peu plus des sirènes.

Il n’existe pas beaucoup d’histoires à leur sujet et normalement il est interdit de les raconter. Les marins de la région considèrent les sirènes comme des démons. Ce sont des êtres maléfiques qui provoquent la mort de nombreux hommes. Un décret régional donne l’ordre de dénoncer l’apparition d’une sirène pour pouvoir organiser une battue.

Je trouve ça horrible. Comment une aussi jolie sirène que Zara pourrait être un démon ?

Pour Polly cela semble tout à fait possible. En exemple elle a cité Bellonna, en apparence elle a l’air gentille. Elle fait penser à une femme maternelle qui aime s’occuper des enfants. Et pourtant c’est un véritable tyran pour toutes les personnes qui travaillent à son service.

Le portrait dressé par Polly était tellement réaliste et drôle que l’après-midi s’est terminé dans la bonne humeur.

 

C’était une agréable journée. Nous avons prévu de nous revoir bientôt. Sil aimerait nous emmener faire un tour en bateau. J’espère que Ari sera présent.

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Samedi 16 septembre 2006
49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 11e jour

Ce midi j’ai déjeuné avec mon Maître chez Monsieur Ruhig, le responsable du village de Vassilissa.
Il habite dans une petite maison juste à côté de la bibliothèque. Le déjeuner était simple mais très bon.
Nous étions une dizaine de personne, car les responsables des communes environnantes étaient aussi invités. Ce n’est pas tous les jours qu’un membre de la famille royale se rend dans cette partie du royaume et j’ai été extrêmement bien reçu.
Il y avait aussi d’autres jeunes comme moi. J’ai fait la connaissance de Silvanus (dit Sil), Amalthée (dite Ama) et Aristée (dit Ari). Il sont frères et sœurs et sont les enfants de M. Ruhig. A la fin du repas les hommes se sont installés en terrasse pour fumer, les femmes sont parties prendre le thé autours d’une cheminée et il ne restait plus que nous quatre.

Silvanus est le petit dernier. Il a dix ans. Il nous a conduit dans la salle de jeux où une cheminée allumée nous attendait. Il y avait aussi du thé et des petits gâteaux.
Amalthée et Aristée sont jumeaux. Ils ont 14 ans et ils se ressemblent beaucoup. Ils ont la même couleur de cheveux, très noirs, les mêmes yeux marron et la même taille. Et Aristée a un visage très fin pour un garçon.

Au début on était tous un peu embarrassé, sauf Sil. Il agissait comme si je n’étais pas là et il s’est installé dans un coin avec un violoncelle. Il ne jouait pas très bien d’ailleurs et son frère Ari s’est excusé du bruit.
Finalement plutôt que de rester assise sans rien faire, j’ai décidé de faire le tour des tableaux accrochés dans la pièce. Ils représentaient tous une scène liée à la mer : vague immense s’abattant sur un bateau, port de pêche… Mais le plus intéressant pour moi était le dernier tableau, le plus petit, caché tout contre la cheminée.
Il représentait une sirène ! Enfin, c’est ce que j’ai compris d’après les descriptions de mon maître. Elle était assise sur un rocher, avec sa queue trempant dans l’eau. Elle avait les yeux fermés et le visage tourné vers le ciel. Ses cheveux étaient noirs comme de la suie et son visage rose comme celui d’un bébé.
C’était le plus beau tableau de toute la pièce, j’avais l’impression d’avoir la sirène véritablement devant moi.
« C’est magnifique » ai-je dis.
Et c’était la phrase à dire pour rompre le malaise entre nous. Ama s’est approchée pour la regarder à son tour.
« C’est une sirène, a-t-elle dit.
- Je sais, j’ai répondu.
- Veux-tu connaître son histoire ? »

Et je me suis retrouvée bien confortablement installée pour écouter Ama. Elle a une voix magnifique et elle raconte à merveille les histoires.
La sirène en question était l’une des petites-petites-petites filles de Vassilissa. Elle s’appelait Zara. Elle était une jeune princesse qui connaissait par cœur l’histoire de son aïeule. Elle espérait à son tour rencontrer l’amour de sa vie et découvrir un monde différent.
Comme son aïeule, elle avait le pouvoir de se transformer en sirène au contact de l’eau de mer. Mais elle ne l’avait jamais fait car la mer était très loin de chez elle. Un beau jour elle a pourtant décidé de s’enfuir et de se rendre au bord de la mer. Sans prendre le temps de réfléchir, elle a sauté dans l’eau et nagé aussi profond que possible.
Mais il n’y avait personne. A croire qu’elle et sa famille étaient les dernières sirènes. Mais un brusque mouvement l’a fit changé de direction. Un jeu d’ombre et de lumière la ramenait vers la surface. Plus vite qu’elle ne l’aurait cru elle était de nouveau à l’air libre, mais loin du rivage. Elle chercha à savoir qui avait provoqué le jeu qu’elle avait suivi.
Mais il n’y avait personne. Juste le soleil et elle. Elle sentait les larmes couler sur ses joues, elle commençait à regretter sa fuite. Une douce chaleur lui essuya une larme, puis tout le visage. Elle se laissa faire et ferma les yeux. Tout doucement elle demanda « qui est là ? ».
Et un murmure lui répondit
« Je suis fils du soleil et je n’avais pas vu de sirène depuis tellement longtemps. N’ouvre pas les yeux, tu ne pourras pas me voir »
Et Zara tomba amoureuse du fils du soleil.
Car ce qu’elle ne savait pas c’est qu’au royaume des sirènes, il n’y a que des femmes, à l’exception d’un homme : le roi. Et depuis toujours les sirènes tombent amoureuses des fils du soleil.

Je ne raconte pas aussi bien qu’Ama.
Zara n’a jamais quitté l’océan. Et si Vassilissa par son départ a entraîné la fin du royaume des océans, le retour de Zara lui a redonné vie.
Ama et Sil sont convaincu de l’existence des sirènes. Mais pour Ari, il s’agit juste de belles histoires pour les enfants.

J’ai encore énormément écrit aujourd’hui et je commence à fatiguer. Demain je passe l’après-midi avec Ama. Elle veut me montrer le bord de mer. J’irais avec Polly et Tinan.
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Mercredi 23 août 2006

Bonjour tout le monde,

Je suis surprise à chaque connexion de voir que j'ai toujours de la visite, alors que je n'ai plus le temps de mettre en ligne la suite...

Pourtant elle est en partie écrite. Mais je dois avouer que j'ai des problèmes de connexion internet.

Mais j'ai retrouvé une vie plus calme et je peux donc reprendre l'écriture....

A très bientôt, et surtout laissez moi des commentaires ! Merci

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Vendredi 30 juin 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 10e jour

 

Je viens de passer mon troisième jour à Vassilissa et je n’ai pas le temps de m’ennuyer. J’étudie beaucoup avec mon Maître et j’ai l’autorisation d’aller me promener à pied seule avec Polly.

 

Je passe aussi beaucoup de temps dans la grande demeure au coeur du village. Car il ne s’agit pas d’une maison comme je le pensais, mais d’une bibliothèque. C’est même la plus grande bibliothèque de notre royaume regroupant uniquement des ouvrages de l’Epoque Sans Mémoire.

L’intérieur est tout simplement magnifique. Il y a des livres partout bien sûr, avec des reliures de tous types et de toutes les couleurs. Les étagères sont faîtes dans un bois sombre et d’étranges créatures sont sculptées un peu partout. Il y a aussi de très confortables fauteuils d’un agréable velours rouge foncé.

C’est un lieu très chaleureux et confortable. J’apprécie de m’y installer pour consulter l’un des ouvrages conseillés par mon maître.

 

Hier j’ai raconté la légende de Vassilissa la sage. Selon certaines personnes il s’agirait en faîte d’une histoire de sirènes. Comment pourrait-il y avoir des êtres humains sous l’eau ?

Je suis d’accord, enfin en partie. Je ne pense pas qu’il y ait un véritable monde sous l’eau. Alors soit Vassilissa vivait dans un autre royaume (de l’autre côté de la mer ?) soit c’était une sirène aux étranges pouvoirs de transformations.

 

Ce soir, j’ai pris le temps d’envoyer une lettre à Ulrich. Je lui ai raconté mon horrible voyage. Mais surtout je l’ai invité à me rendre visite au plus tôt. Enfin je lui ai raconté les histoires sur les sirènes. Peut-être existent-t-elles vraiment…et elles semblent être beaucoup moins dangereuses qu’un dragon !

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Samedi 24 juin 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 9e jour

 

Le village s’appelle Vassilissa en souvenir d’une princesse de la mer. Son histoire date de l’Epoque Sans Mémoire. Elle est encore connue des villageois grâce aux plaques de céramique qui sont tellement anciennes que celles sur la façade du bâtiment sont des reproductions.

 

Un jour il y a fort longtemps, un roi partit en voyage loin de chez lui. Il était marié à une femme merveilleuse qui ne lui avait toujours pas donné d’enfant. Durant son périple il s’est arrêté au bord d’une rivière débouchant sur la mer d’opale. Il faisait tellement chaud qu’il but avidement l’eau de la rivière.

C’est alors que le roi de la mer l’attrape et lui promet la mort si le roi de la terre ne lui offre pas un présent. Mais pas n’importe lequel. Le roi de la terre doit promettre de donner ce qui se trouve dans son château et dont il ignore encore l’existence.

Bien sûr il accepte le marché, se précipite sur son cheval et rentre le plus vite possible chez lui. A son arrivée quel n’est pas son malheur de découvrir qu’en son absence sa femme a mis au monde un petit garçon. La reine apprend alors la terrible promesse faîte.

 

Le petit garçon grandit et le roi de la terre n’oublie pas le marché passé. Finalement il doit se résoudre à conduire son fils aux abords de la rivière. Mais il n’ose pas lui avouer la vérité et le laisse seul face à son destin.

Une vieille dame vient voir ce jeune homme qui semble perdu. Elle sait qui il est et pourquoi son père l’a abandonné. Elle lui raconte tout et se propose de l’aider.

 

Le jeune homme lui obéit aussitôt et se cache derrière un arbre pour surveiller la rivière. Comme prévu il voit alors douze colombes blanches se poser sur le sol et se transformer en magnifiques jeunes filles. Celles-ci se déshabillent et plongent dans la rivière d’eau douce.

Une treizième colombe arrive à son tour et le garçon voit devant lui la plus belle des jeunes femmes. Elle va se baigner à son tour. Le jeune homme en profite pour se saisir de ses vêtements et retourne se cacher. Jusque là, la vieille femme avait vu juste.

Lorsque toutes les jeunes filles sortent de l’eau la treizième se rend compte du vol de sa chemise. Elle demande à ses sœurs de partir, elle saura la retrouver seule.

Elle apostrophe son voleur invisible et lui promet de ne pas lui en vouloir. Sa voix est douce et elle est magnifique.

Le garçon sort enfin de sa cachette et rend les vêtements en échange d’une bague. La jeune fille accepte car elle l’a reconnu. Elle est Vassilissa la sage et son père est le roi de la mer. Il attend le jeune prince depuis fort longtemps.

 

Il la suit et entre alors dans l’eau. Contrairement à ses craintes, il ne se noie pas. Au contraire il respire comme sur terre et découvre au fond de la mer des champs, des maisons et même un soleil brillant.

Le roi de la mer décide de le punir de son retard et lui assigne une première tache. Il doit transformer un terrain de mauvaise terre et rempli de pierre en un magnifique champs de seigle.

Lorsqu’il se retrouve seul le prince ne peut s’empêcher de pleurer. Jamais il ne parviendra à obéir au roi. Vassilissa l’entend et se rend auprès de lui. Elle lui conseille de se coucher et de ne pas s’inquiéter. Puis elle se rend sur la terrasse et demande à ses fidèles serviteurs de lui rendre service.

 

Au matin le roi est très surpris de découvrir un magnifique champ. Toutefois il décide d’une deuxième tache pour le jeune prince. Il doit récupérer le grain de trois cents meules de froment sans défaire les meules en question.

Seul le prince pleure à nouveau et Vassilissa lui rend visite. Comme la veille elle lui recommande de ne s’inquiéter de rien. Elle retourne sur la terrasse et demande aux actives fourmis de lui rendre service.

 

Le lendemain le roi est très satisfait et annonce la dernière tache à accomplir. Le prince doit réaliser une église toute de cire. Sans un mot il se dirige vers sa chambre en pleurant. Vassilissa vient le voir et lui promet de s’occuper de tout. Elle se rend de nouveau sur la terrasse et demande aux abeilles travailleuses de lui rendre service.

 

Au matin le roi découvre son église et est enchanté. Il félicite le prince et lui offre la main de l’une de ses filles, à lui de choisir. Bien entendu il choisit Vassilissa la sage et le mariage est célébré aussitôt.

C’est un mariage heureux. Mais un beau jour le prince avoue à sa femme que ses parents lui manquent. Cette fois-ci la sage Vassilissa ne peut pas l’aider. Le roi de la mer n’acceptera jamais de voir sa plus belle fille partir vivre sur terre.

Elle doit alors utiliser la ruse. Elle crache à trois reprises sur le sol, ferme la porte de leur chambre et s’enfuit avec son prince.

 

Le lendemain matin un serviteur du roi de la mer vient les chercher. Le premier crachat répond alors « il est trop tôt, laissez nous dormir encore un peu ».

Le serviteur revient un peu plus tard et le deuxième crachat demande à avoir un peu plus de temps pour se préparer. A sa troisième visite le troisième et dernier crachat répond « on arrive ».

Mais fatigué d’attendre, le serviteur entre dans la chambre qui est vide. Le roi de la mer lance alors ses plus rapides messagers à leur trousse.

 

Vassilissa doit encore utiliser ses pouvoirs pour se dissimuler. Lorsqu’elle voit que les messagers les rattrape, elle transforme son prince un vieux berger, les chevaux en pré et elle-même en une brebis. La fois suivante ils deviennent autel, religieux et arbres et enfin la dernière fois ils forment en couple de canard sur un lac fait des chevaux.

 

Finalement ils parviennent jusqu’au château du roi de la terre, père du jeune prince. Les retrouvailles furent fêtées dignement et ils vécurent heureux.

Toutefois, lorsque le jeune prince décéda à un âge bien avancé, la belle Vassilissa vint s’installer dans le village qui porte son nom aujourd’hui, dans la maison qui retrace son histoire.

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Mercredi 31 mai 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 8e jour

 

Finalement j’ai peut-être parlé un peu vite hier. Ce matin au réveil j’ai eu une agréable surprise. Polly n’était pas encore dans ma chambre quand je me suis réveillée, j’ai donc été ouvrir moi-même le rideau.

J’ai vue sur la mer !

C’est tout simplement magnifique. Notre maison est posée sur le haut d’une falaise à quelques mètres du rebord. Une magnifique pelouse part de la maison jusqu’au précipice. Elle est d’un vert très pâle.

Au-delà c’est l’océan. Infini ! Je ne vois pas si une plage borde la falaise ou si les vagues viennent s’abattre directement dessus. C’est un changement de couleur perpétuel. Toutes les gammes de vert et de bleu sont représentées.

Et au dessus un beau ciel bleu clair. Aucun nuage ne venait troubler la tranquillité du paysage en cette belle matinée. J’ai essayé d’ouvrir la fenêtre pour pouvoir respirer l’air marin, mais je n’ai pas réussi.

 

Je me suis alors changée en vitesse et je suis partie découvrir la maison. En fait j’ai été mauvaise langue, car il s’agit d’une très belle maison. Elle est petite mais très confortable et chaleureuse. Seule Polly, Melane et Maître Avari y dorment avec moi.

Les deux premières ont une chambre commune à côté de la cuisine. Une autre chambre au même endroit est réservée à la cuisinière. Mon maître dort à l’étage, comme moi et il reste encore trois chambres.

Dans le parc se trouve une petite maisonnée où vivent le couple de gardiens qui s’occupe aussi du jardinage et deux jeunes filles qui aident au ménage et à la cuisine.

Tinan dort au dessus de l’écurie avec deux autres jeunes garçons.

 

L’endroit est très tranquille et tout le monde me semble très sympathique. Et détail non négligeable, les repas sont délicieux. J’ai goûté le plus exquis des plats de poissons de toute ma petite vie.

 

Mais dès le petit déjeuner fini, Maître Avari m’a conduit dans une petite salle de cours. J’avais espéré un peu de repos après la longue journée de voyage. Heureusement nous n’avons pas beaucoup travaillé.

En fait nous avons repris les quatre éléments vitaux. Nous en avions déjà parlé. Mais nous trouvant dans un lieu où l’eau est présente en permanence, mon maître a voulu revenir sur quelques points.

Puis l’après-midi nous sommes sortis tous les deux avec Polly. J’ai été surprise car en général mon Maître ignore sa présence et veut être seul avec moi pendant son cours.

 

Nous avons marché une vingtaine de minutes. Le ciel était toujours aussi dégagé et bleu presque blanc. L’air était vif et froid. Mais la promenade était agréable.

Nous sommes entrés dans le village de Vassilissa. Un tout petit hameau avec juste une centaine de maisonnettes, un épicier et une petite école située derrière l’église.

En son cœur, le village abrite une grande demeure de brique rouge et noir. Les fenêtres sont en bois sculpté. Et des frises en céramique décorent tout le tour du bâtiment à hauteur d’homme. J’étais persuadée qu’il s’agissait de la maison du responsable du village à qui nous rendions visite.

 

Mais au lieu de se diriger vers la porte, mon Maître a commencé à en faire le tour pour nous montrer l’histoire inscrite sur la frise.

 

Il commence à être tard. Je ne veux pas écrire de bêtises, donc je raconterai l’histoire de Vassilissa demain.

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Vendredi 5 mai 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 7e jour

 

Le voyage a été long et très désagréable. Je suis donc pressée de me coucher et je ne laisse ici que quelques mots.

 

Nous sommes parties après le petit-déjeuner. Il y avait beaucoup de brouillard et nous ne pouvions pas avancé très vite. Comme Melane était avec Polly et moi dans la voiture, nous ne pouvions pas vraiment discuté non plus et nous amusé.

Puis nous nous avons eu une très forte pluie. Nous avons déjeuné avec deux heures de retard sur notre planning. Et nous sommes arrivés alors que la nuit avait bien commencé.

 

Le voyage a été terriblement ennuyeux. Et je me demande où Maître Avari nous a conduit. Nous sommes logés dans une maison de petite taille. Je n’ai pas pu la visiter car il était trop tard. Mais on n’aperçoit aucune lumière par les fenêtres. Nous devons être loin de tout.

Je commence à regretter ma décision. Ce séjour va être horrible !

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Dimanche 30 avril 2006

49e cycle, Année de l'ours, 8e lune, 6e jour

 

Demain à cette heure-ci nous serons partie. Direction le bord de mer ! J’ai tellement hâte d’y être… je n’ai pas vu la mer depuis très longtemps. En fait ce n’est pas une destination idéale pour une jeune fille. On risque d’avoir le teint trop foncé et le vent ne permet pas de conserver une allure élégante.

Mais avec Maître Avari je suis presque sûre de pouvoir me promener sur la plage. Je pourrais même essayer de rencontrer des sirènes ! Hum… là je rêve.

 

J’ai passé une grande partie de ma matinée à préparer mes affaires avec Polly et Melane. Melane a été choisi par Bellonna pour nous accompagner. Elle a tout juste 15 ans et elle est très timide. Elle travaille au château depuis deux mois seulement.

Je pense que Bellonna l’a choisi pour pouvoir lui demander les détails de notre séjour. Elle doit pouvoir facilement faire pression sur elle et tout savoir. Je vais devoir me méfier de Melane, elle est une sorte d’espionne pour l’instant.

 

Tinan de son côté a préparé Prestance. Je leur ai rendu une petite visite et j’ai rassuré Prestance. En fait elle n’était pas inquiète, elle aussi elle aime bien voyager. Mais par la pensée je peux tout lui dire, comme la destination et la durée du voyage.

 

Au dîner, Fénaro était avec moi. Il n’a rien dit pendant toute la première partie du repas. Finalement avant le dessert, il m’a avoué qu’il était jaloux de moi. Il aurait aimé venir au Comté de la Mer d’Opale avec nous. Je n’y avais pas pensé et je le regrette.

Mère aurait probablement accepté mais par contre je ne sais pas ce que Maître Avari aurait dit… De toute façon il est trop tard maintenant.

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